Blog-notes

François

BRIANÇON

Conseiller municipal de TOULOUSE, conseiller métropolitain

Rentrée scolaire à Toulouse : il est urgent d’agir

Près de 31 600 élèves ont repris le chemin de l’école, à Toulouse, ce mardi 1er septembre, dans 213 écoles publiques. La Ville revendique près de 550 millions d’euros investis dans le patrimoine scolaire depuis 2014. Pour le seul programme 2021-2026, elle annonçait 21 écoles neuves et 22 opérations de réhabilitation ou d’extension.

Ce bilan existe, personne ne dira le contraire. Construire et entretenir les écoles, c’est la compétence de base d’une commune. Toutes les villes de France le font, et une ville qui grandit en construit forcément. Ce n’est pas une politique éducative, c’est le minimum du mandat. Mais une rentrée ne se juge pas au nombre de bâtiments livrés. Elle se juge chaque matin, dans la classe, avec les adultes présents et la température qu’il y fait.

Là-dessus, quatre dossiers restent ouverts.

Les fermetures de classe

Les effectifs toulousains reculent moins vite que la moyenne nationale. Les données publiques disponibles font apparaître une baisse proche de 1,5 % entre les rentrées 2025 et 2026, contre environ 2 % dans le premier degré à l’échelle nationale.

La chronologie mérite d’être reprise. Le 17 avril, le Conseil départemental de l’Éducation nationale valide plus de 190 fermetures et 82 ouvertures de classes en Haute-Garonne. La Ville de Toulouse s’abstient. Le 27 août, elle annonce 11 ouvertures et 47 fermetures sur son territoire. Le 28 août, après un comité social d’administration, elle obtient huit ouvertures supplémentaires. Les élèves rentrent le 1er septembre.

Huit classes de plus, quatre jours avant la rentrée : c’est bon à prendre pour les écoles concernées, et je salue le travail qui l’a permis. Reste le point de départ. Toulouse s’est abstenue en avril sur une carte scolaire qui supprimait 193 classes dans le département. S’abstenir, ce n’est pas négocier. C’est laisser passer, puis venir chercher huit classes en rattrapage au mois d’août, quand les équipes sont déjà constituées et les familles déjà informées.

Le maire qualifie de postures stériles les positions de ceux qui ont voté contre. Voter contre 193 fermetures dans un département qui perd quatre fois moins d’élèves que la moyenne nationale, ça n’a rien d’une posture. C’est position de combat, partagé par les collectivités et les syndicats que l’abstention municipale a rendue moins audible en avril.

Une désorganisation chronique

Le maire le reconnaît lui-même : la situation reste critique dans plusieurs écoles sur trois points, les effectifs par classe, les remplacements et les AESH.

Ce que la Ville maîtrise directement, ce sont ses propres agents. Ils sont 2 600 à travailler dans les écoles, 1 200 dans les crèches. J’ai toujours réclamé une ATSEM par classe de maternelle, présente sur tout le temps scolaire. Pas en moyenne. Pas selon les remplacements disponibles. Par classe. Je demande aussi de meilleurs taux d’encadrement dans les CLAE, et davantage de moyens humains pour les enfants à besoins particuliers, sur le temps scolaire comme périscolaire.

Une chaleur insupportable

L’annonce de la rentrée, c’est un îlot de fraîcheur par école : une salle climatisée assez grande pour accueillir toute la communauté scolaire.

Les chiffres, maintenant. 80 écoles en disposent aujourd’hui, contre quatre en 2017. Environ 130 cours oasis ont été réalisées, sur 213 écoles. Toutes les classes ont reçu un brasseur d’air au printemps. Et la Ville admet qu’elle ne pourra pas équiper toutes les écoles d’un îlot de fraîcheur avant la fin du mandat. Le mouvement est engagé, il faut le dire bien qu’il reste très en dessous des besoins.

Pour les familles, le résultat est clair : une école toulousaine sur trois n’a toujours pas de cour rafraîchie, et une majorité d’écoles passera encore plusieurs étés sans espace collectif frais.

Le maire reconnaît, d’ailleurs, que le brasseur d’air ne répond pas au pic de canicule. Sa réponse : climatiser une pièce et y replier les enfants. C’est utile dans l’urgence. Mais on parle d’un plan de mise à l’abri, pas d’une adaptation. Le bâtiment, lui, reste mal isolé, mal ventilé, sans protection solaire.

Ce qu’il faudrait faire :

  • Un plan pluriannuel de rénovation du bâti scolaire, lancé dès la première année, sur la base d’un audit complet école par école. Isolation, ventilation naturelle, protections solaires, récupération des eaux pluviales.
  • Des cours oasis pour toutes les écoles restantes, et de vraies cours oasis. De la végétalisation réelle, des sols vivants autour des arbres, au lieu de la désimperméabilisation minimale pratiquée aujourd’hui.
  • L’ouverture des cours d’école, des préaux et des gymnases hors temps scolaire. Ces espaces existent, ils sont ombragés, et ils restent fermés le week-end et l’été.
  • Des rues aux enfants aux abords des écoles, piétonnes ou limitées à 10 km/h, conçues avec les familles, les équipes éducatives et les comités de quartier.
  • L’école en plein air pendant les fortes chaleurs, dans les jardins, les musées, les restaurants des aînés.

La protection des enfants

L’année scolaire précédente a été marquée par des faits graves pendant le temps périscolaire. La Ville annonce un dispositif renforcé : formation de tous les agents concernés d’ici la fin de l’année scolaire, référents violences dans chaque structure, cellule de contrôle centralisée, badges et trombinoscopes généralisés, guide pour les parents, suspension immédiate à la première alerte.
Il faut saluer ces mesures.

Deux exigences quand même. La première : un calendrier public et vérifiable. « D’ici la fin de l’année scolaire 2026-2027 » pour former des milliers d’agents, cela demande un point d’étape en cours d’année, pas un bilan en juin. La seconde : la chaîne d’alerte doit être lisible par un enfant et par un parent, pas seulement par l’administration. Un badge et un trombinoscope permettent de nommer quelqu’un. Ils ne disent pas à qui parler, ni ce qui se passe ensuite.

La ville de Toulouse doit se donner les moyens de déployer des référents égalité et lutte contre les violences dans tous les services municipaux, les écoles et les équipements sportifs et culturels, avec une formation des agents à la détection et à la prise en charge, en lien avec l’Éducation nationale et la justice.

Ce que ça coûte aux familles, ce que ça peut leur rendre

La rentrée, c’est aussi une facture. Fournitures, cantine, périscolaire, sorties.

Avec la gauche toulousaine, nous demandons la gratuité des fournitures pour les élèves qui entrent en CP quand la famille en a besoin, et le réemploi organisé dans les écoles. Une tarification sociale progressive de la cantine et du périscolaire, jusqu’à la gratuité pour les familles les plus modestes. Un goûter quotidien partagé. Une alternative végétarienne de qualité chaque jour, avec une légumerie métropolitaine pour approvisionner en circuit court. La gratuité des transports pour les sorties scolaires, et au moins une sortie artistique ou culturelle par trimestre.

Rien de spectaculaire là-dedans. Juste des dizaines d’euros par mois pour des milliers de familles toulousaines.

Alors maintenant !
Aucune de ces mesures n’attend une loi. Elles attendent un budget et un calendrier. Et d’abord une décision politique.

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