Le blog-notes de François Briançon

Pour Toulouse, l’inaction n’est plus une option

Nous étions plus de 500 pour lancer notre campagne municipale, salle de Barcelone.
Une belle soirée pour construire l’espoir, pour changer Toulouse;

Chers ami-es, chères Toulousaines, chers Toulousains,

Quelques mots avant tout pour parler de la musique que vous venez d’entendre. On m’a proposé de choisir un morceau pour débuter mon intervention.

J’ai immédiatement pensé à cette chanson de Patti Smith « People have the power » — d’abord parce que le peuple a effectivement le pouvoir, c’est le sens de notre rendez-vous de ce soir. Ensuite parce que cette chanson a été interprétée, à Paris, un mois après les attentats terroristes du 13 novembre 2015, par U2 accompagné par le groupe qui se produisait cette tragique soirée au Bataclan, les Eagles Of Death Metal.

J’ai fait ce choix en pensant à la tragique actualité australienne, en pensant à la profonde meurtrissure des attentats islamistes de Toulouse en mars 2012. J’ai fait ce choix parce que dans nos rues toulousaines les actes antisémites et les actes anti-musulmans se multiplient. J’ai fait ce choix parce que le peuple républicain, le peuple toulousain sera toujours debout, rassemblé et déterminé pour dire non à la haine.


Chers amis, chères Toulousaines, chers Toulousains,

Merci d’être là ce soir. Merci pour votre présence, pour votre énergie, pour votre confiance. Merci aux nombreux militants déjà très mobilisés et aux organisateurs de cette belle soirée.

Si nous sommes réunis, ce n’est pas simplement pour lancer notre campagne électorale. C’est pour ouvrir un chemin, un espoir de changer notre ville.

Ce chemin vers la victoire, il n’est pas pour nous, il est pour les Toulousaines et les Toulousains, il est pour les Métropolitaines et les Métropolitains, il est pour Toulouse, pour la ville dans laquelle nous vivons, il est aussi et surtout pour les générations futures.


Toulouse, la ville que nous aimons

Toulouse, nous le savons, est une ville magnifique. C’est pour cela que nous l’aimons, avec passion.

Comme vous, mon Toulouse, c’est celui des places pleines de vie, des terrasses, de la Garonne, du Canal, de la culture, de la fête, de l’engagement associatif. C’est le Toulouse populaire, chaleureux, solidaire. C’est le Toulouse de la jeunesse, du mélange des cultures, des origines. C’est le Toulouse de la résistance et de la liberté, de Calas aux républicains espagnols, de Vanini à la Résistance, de l’accueil de toutes les populations opprimées. C’est le Toulouse du savoir, de l’innovation, de l’aéronautique, de l’université. C’est le Toulouse qui se relève, solidaire et plus fort, après la catastrophe d’AZF. C’est le Toulouse de la Conviviença, notre terre occitane, rebelle, généreuse, où l’on vient d’ailleurs pour étudier, travailler, fonder une famille et dont on ne repart plus jamais.

Mon Toulouse, c’est celui qui refuse le racisme, l’antisémitisme, toutes les formes d’exclusion par la situation, l’origine, la sexualité, le handicap. Mon Toulouse, c’est celui qui se mobilise contre toutes les formes de violences et, en premier lieu, celles faites aux femmes. Mon Toulouse, c’est celui de la tolérance, de la laïcité qui permet de croire, de ne pas croire ou de ne plus croire.

Voilà, mon Toulouse, c’est celui des valeurs républicaines — celles que défendait Jean Jaurès, élu toulousain, en créant la Caisse des écoles ; celles que défendait Étienne Billières en posant les bases du Toulouse moderne que nous connaissons aujourd’hui ; celles que défendait Raymond Badiou en bâtissant les premiers programmes de logements sociaux ; celles de Pierre Cohen en lançant les grands travaux d’aménagement du Toulouse d’aujourd’hui.


L’autre Toulouse

Mais aimer sa ville, ce n’est pas fermer les yeux. Aimer Toulouse, c’est aussi regarder la réalité en face. Car il y a le revers de la médaille. Il y a l’autre Toulouse — celui qui n’est pas sur la carte postale.

Le Toulouse de celles et ceux qui travaillent dur mais n’y arrivent plus. Le Toulouse de celles et ceux qui ne travaillent pas et se sentent abandonnés. Le Toulouse de la précarité, celui des Toulousaines et des Toulousains qui doivent choisir entre se nourrir ou se chauffer, qui renoncent à leurs loisirs, à leurs vacances pour permettre à leurs enfants de vivre dignement.

Le Toulouse des ascenseurs en panne, des immeubles insalubres, des logements inadaptés livrés aux cafards, aux rats, à la saleté. Le Toulouse qui ne peut plus accéder à une location ou porter un projet d’acquisition, condamné au mal-logement, aux passoires thermiques ou à l’éloignement.

Le Toulouse des canicules qui rend le travail insupportable, les nuits difficiles. Le Toulouse du bruit et de la pollution qui frappe d’abord et surtout les quartiers les plus populaires. Le Toulouse qui passe, matin et soir, de longs moments dans les embouteillages, faute d’une offre de transports en commun suffisante et accessible.

Le Toulouse de nos aînés, de toutes celles et tous ceux dont la mobilité est ralentie, qui s’isolent dans une ville qu’ils ne comprennent plus, une ville qui dysfonctionne et dont ils n’ont plus les codes. Le Toulouse qui vit dans l’insécurité, celui qui pense que la sécurité ce n’est pas de filmer les Toulousains mais de les protéger, qui pense que la sécurité ce n’est pas de constater mais d’empêcher.

Et puis le Toulouse dont le rayonnement s’affaiblit : quand on parle de Toulouse à l’échelle nationale ou internationale, c’est que l’on parle des succès de l’aéronautique, des victoires du Stade Toulousain, des spectacles du Minotaure ou de la popularité de Big Flo et Oli… jamais les politiques municipales ne sont citées en exemple, ne sont prises comme références… si — soyons justes — une fois, lors de la mise en place de cette idée incohérente qui consiste à augmenter le prix de l’eau l’été, au moment où nous en avons le plus besoin.

Ce Toulouse-là, c’est celui du quotidien oppressant, des difficultés matérielles, des fins de mois difficiles, de la solitude. Ce Toulouse-là, c’est celui qui n’intéresse pas Jean-Luc Moudenc et la droite toulousaine.


Le déni de la droite toulousaine

Cette réalité, elle est niée. Elle est minimisée. Elle est passée sous silence.

En effet, depuis dix ans, le discours de Jean-Luc Moudenc est toujours le même : tout va bien, rien ne doit changer, toute alternative est un danger extrême.

En réalité, Jean-Luc Moudenc agit comme du chloroforme : il endort la ville dans l’illusion de la douceur de vivre, sans jamais regarder en face les défis qui s’imposent. Et puis, tout d’un coup, il se lève, le doigt vengeur, annonçant l’apocalypse s’il venait à perdre les élections, avant de revenir à son endormissement.

Mais cette douce anesthésie a un prix : à force de se laisser bercer par l’image idéale, Toulouse s’éloigne peu à peu des besoins essentiels de sa population, et nous le disons avec beaucoup de force — le réveil sera brutal.

Car la réalité, c’est qu’une course est engagée entre l’expansion démographique de Toulouse, désormais ville de plus de 500 000 habitants, troisième ville de France, et sa qualité de vie. Et dans cette course, c’est la qualité de vie qui est en train de perdre.

À force de refuser de voir la réalité :

  • le logement devient inaccessible,
  • les mobilités ne suivent plus,
  • l’écologie est reléguée au second plan,
  • Toulouse devient un désert médical,
  • les fractures sociales se creusent,
  • l’insécurité ne régresse pas.

Ces résultats, cette méthode, ce déni permanent de la réalité nous permettent de faire un parallèle entre deux situations, l’une locale, l’autre nationale, entre deux hommes qui n’ont pas en commun que la première lettre de leur nom : Moudenc, Macron. Autoritarisme, verticalité, mépris du débat, concentration des pouvoirs, arrogance, mise en cause des décisions de justice, même indifférence envers ceux qui vivent mal, même complaisance envers ceux qui vivent bien… tout cela fait bien des points de comparaison — alors que personne ne s’y trompe : Jean-Luc Moudenc est le miroir toulousain d’Emmanuel Macron.

Et pour ceux qui doutent encore, regardez la liste de Jean-Luc Moudenc : des macronistes, des sarkozystes, des climato-sceptiques, des représentants de la Manif pour Tous et même en troisième position un représentant de la droite extrême, au premier rang, il y a quelques temps, dans cette même salle, pour applaudir Éric Zemmour.

Toutes les opérations camouflage à grands coups de soi-disant « société civile » n’y changeront rien : Jean-Luc Moudenc est dans cette élection municipale le candidat de la droite, le candidat de toutes les droites.

Alors, le vrai risque pour Toulouse aujourd’hui, ce n’est pas le changement. Le vrai risque, c’est un nouveau mandat sans cap, sans vision, sans ambition. Une nouvelle réélection de Jean-Luc Moudenc, ce serait condamner Toulouse à perdre encore de précieuses années — à décrocher par rapport aux autres grandes métropoles françaises et européennes, à subir plutôt qu’à préparer l’avenir.

Qui a envie, mes ami-es, de six années de ronron supplémentaires ?

Voilà pourquoi cette élection ne marque pas seulement une fin de mandat : elle marque la fin d’un cycle. À l’exception du mandat 2008-2014, ce cycle, c’est quarante-huit années de droite. Il est temps pour Toulouse, pour les Toulousaines et les Toulousains, de le refermer et de tourner la page.

Alors, oui, il faut changer. Pas par posture. Pas par revanche. Mais par responsabilité, parce que l’inaction n’est plus une option. Mais changer, cela ne se décrète pas. Changer, cela se construit.


Les quatre conditions du changement

La première condition du changement, c’est l’unité de la gauche.

Nous avons appris de nos erreurs. Nous avons écouté et entendu les Toulousains. L’unité, vous nous l’avez demandée — je dirais même vous l’avez exigée : « Rassemblez-vous. Travaillez ensemble. Soyez à la hauteur. » Le message a été reçu : aujourd’hui, la gauche, les écologistes et les forces citoyennes sont rassemblées. Cette union est construite sur un diagnostic partagé et un projet commun. C’est une union sérieuse. Une union responsable.

La deuxième condition, c’est la mobilisation des Toulousaines et des Toulousains.

Elle est indispensable. Rien ne se fera sans vous. La campagne électorale se gagnera sur le terrain, dans les quartiers, sur les marchés, dans les immeubles, au contact direct des habitantes et des habitants. Nous voulons une campagne populaire, ouverte, joyeuse. Une campagne qui écoute avant de proposer. Une campagne qui parle vrai, une campagne qui parle concret : ce ne sera pas une campagne qui prépare la prochaine élection présidentielle, ce ne sera pas une campagne qui veut diviser les Toulousains. C’est pourquoi personne ne nous trouvera sur le terrain de l’hostilité et de l’agressivité : nous laissons cela à celles et ceux qui, à gauche comme à droite, en ont fait une spécialité.

La troisième condition, c’est une liste qui ressemble à Toulouse.

Nous la présenterons en janvier prochain. Nous poursuivons actuellement sa construction pour en faire une liste diverse, engagée, ancrée dans la réalité et dans toutes les diversités toulousaines. Une liste composée de femmes et d’hommes qui ne cachent pas leurs valeurs, qui, au contraire, assument fièrement d’être de gauche, d’être écologistes, d’être des citoyens engagés. Une équipe sincère, crédible, unie, compétente, prête à gouverner dès le lendemain de notre élection.

Gouverner Toulouse, c’est aussi une question d’éthique. Nous agirons avec intégrité, sérieux et transparence. La probité, l’exemplarité, le refus des privilèges et la transparence totale dans la gestion municipale seront notre fil conducteur.

La quatrième condition, c’est la plus essentielle : une méthode nouvelle et des propositions concrètes.

Nous proposons une nouvelle gouvernance : Régis Godec sera le candidat de la future majorité toulousaine pour être le prochain président de notre métropole.

Jean-Luc Moudenc nous dit que cette gouvernance partagée va affaiblir Toulouse. Il n’a rien compris. Il ne comprend pas qu’il est temps pour Toulouse de sortir des schémas du passé, de faire de la politique autrement. La puissance, l’efficacité ne s’exercent pas en concentrant tous les pouvoirs aux mains d’un seul — ces temps sont révolus. Elles s’exercent par le travail d’équipe, la collaboration et la confiance.

Mais cette gouvernance s’adressera aussi aux Toulousaines et aux Toulousains, qui ne doivent plus être des spectateurs, mais des acteurs engagés aux côtés des élus.

Et puis nous voulons porter des ruptures : il y aura autant de radicalité dans nos mesures que de volonté de pédagogie et de rassemblement dans nos propos.


Notre projet pour Toulouse

Nous présenterons en janvier notre programme, mais je voudrais, pour finir, vous en dire quelques mots.

Coopérer. Toulouse ne peut plus avancer seule. Nous voulons sortir de l’isolement municipal et renouer avec une logique de coopération active. La Ville doit redevenir un partenaire ouvert, dynamique et constructif, travaillant avec les communes de la Métropole, toutes les intercommunalités de la Haute-Garonne, le Département, la Région, l’État, les associations et le monde socio-économique et culturel. C’est à travers ces alliances que nous pourrons agir plus efficacement au service des habitants.

Prendre soin. Vivre mieux à Toulouse, c’est prendre soin des Toulousaines et des Toulousains. Nous allons redonner au service public toute sa place, qu’il s’agisse de la petite enfance, de l’école, des services de proximité : Toulouse ne sera plus la ville où l’on ferme des bibliothèques, où l’on réduit les horaires des crèches, où l’on assomme les Toulousains par des impôts déguisés à coups de taxes, d’augmentations de tarifs ou de sulfateuse à PV. Nous redonnerons à la puissance publique son rôle de protection envers les plus vulnérables pour qu’aucun Toulousain ne soit laissé de côté : plus un enfant à la rue, plus un Toulousain en situation difficile sans accompagnement et seul face à ses problèmes.

Donner du souffle. Vivre mieux à Toulouse, c’est donner du souffle au quotidien. Une ville où le logement, les services publics et la solidarité deviennent des priorités, pas des charges. Nous agirons pour rendre la vie plus abordable, plus juste et plus humaine, afin de préserver le pouvoir d’achat de chacun. Une ville où les moyens de la sécurité sont maintenus, mais accompagnés par un grand service public de médiation qui fait actuellement défaut. Une ville où les associations sont respectées, soutenues et ont les moyens de mener des projets avec visibilité financière et confiance. Une ville où les citoyennes et les citoyens seront enfin écoutés et mis à contribution pour le devenir de leur quartier.

Construire une ville apaisée. Vivre mieux à Toulouse, c’est construire une ville apaisée, plus fluide, plus verte, où l’on se déplace, se loge et respire plus facilement. Une ville grandeur nature où l’on vit ensemble, sereinement. Nous miserons sur l’emploi, la recherche, l’innovation et l’économie de proximité pour libérer les énergies et renforcer le lien social. Toulouse doit enfin devenir une capitale européenne attractive, solidaire et durable.

Émanciper. Vivre mieux à Toulouse, c’est vouloir une ville culturelle, sportive, aérée et vivante. Nous ferons de Toulouse une ville qui émancipe et retrouve le goût de l’avenir. Fidèle à son histoire de dialogue et de liberté, elle fera vivre une démocratie ouverte et participative. Nous voulons une ville créative, féministe et solidaire, où les valeurs républicaines irriguent toutes les politiques publiques.

Voilà la vision que nous voulons porter. Au mois de janvier, nous l’illustrerons par des propositions concrètes, précises, chiffrées.


Conclusion

Pour conclure, je veux le dire simplement : maintenant, on y va.

Rien ne nous sera épargné : ni les mensonges, ni les pressions, ni les caricatures, ni les attaques personnelles. L’agressivité de la droite toulousaine a déjà débuté : c’est le signe du doute. Opposons-lui nos sourires, notre tranquillité, notre unité et notre confiance. Opposons-lui surtout notre détermination : la mienne, la nôtre, la vôtre sont totales.

Mes ami-es, je vous le dis avec force et clarté : nous sommes les seuls en capacité de battre Jean-Luc Moudenc et la droite toulousaine. Si ce n’est pas nous, cela sera de nouveau lui.

Notre objectif est simple : le vote du 15 mars, au premier tour, doit être utile et nous porter largement en tête — devant la liste de la France insoumise comme devant celle de la droite toulousaine.

Alors, on se mobilise. On s’engage. On frappe aux portes. On discute. On va convaincre. On ne lâche rien. Jusqu’au bout.

Mes ami·es, je vous le dis : nous allons gagner.

Au bout du chemin, il n’y a qu’un seul objectif : changer Toulouse, changer la vie des Toulousaines et des Toulousains.

Retour en haut