Le blog-notes de François Briançon

Commémorer la Charte des libertés communales : quels enseignements démocratiques pour Toulouse aujourd’hui ?

Toulouse se distingue dans son histoire par une singularité rare : celle d’avoir choisi très tôt la liberté collective.
Bien avant que la Révolution française ne s’approprie ces idées, notre ville expérimentait déjà une forme d’autonomie politique locale, reposant sur la reconnaissance de droits publics et sur l’exercice d’un pouvoir au plus près des habitantes et des habitants.

Dès la fin du XIIᵉ siècle, la commune toulousaine se structure et s’institue officiellement lorsque, le 6 janvier 1189, le comte Raymond V reconnaît l’existence de la Commune de Toulouse et de ses libertés publiques en signant la Charte des libertés communales.
Aujourd’hui, comme chaque année, nous célébrons cet anniversaire.

Mais commémorer ne suffit pas. La question qui se pose est plus exigeante encore : que faisons-nous de cet héritage ?
La démocratie municipale ne peut se limiter à une existence formelle ou à un simple rendez-vous électoral périodique.
Nous traversons une crise profonde de la représentation : les institutions s’éloignent, la défiance s’installe et la politique se technicise.
Trop souvent, la ville est envisagée comme un espace à administrer plutôt que comme un collectif à faire vivre.
Les décisions se concentrent entre quelques mains, sous l’influence croissante de logiques administratives, étatiques ou privées, au détriment de la participation citoyenne.

Or une ville n’est pas qu’un territoire géré : c’est une communauté politique, une Cité au sens plein du terme.
Il est temps de rendre à la commune sa vocation première : permettre aux habitantes et aux habitants de participer pleinement aux décisions qui les concernent. Cela implique d’ouvrir les processus décisionnels, de reconnaître l’expertise citoyenne et de construire des formes nouvelles de participation, à la fois inclusives et actives.
Je crois profondément en un républicanisme municipal renouvelé, fondé sur l’engagement direct, la responsabilité partagée et une démocratie vécue au quotidien. Cette conviction est d’autant plus sincère qu’elle n’est pas originelle et qu’elle s’est construite au fil de mon propre parcours politique.

Puissions-nous, dans les mois à venir, ne pas seulement honorer les libertés communales héritées du passé, mais aussi en inventer de nouvelles.
C’est à cette condition que Toulouse demeurera fidèle à ce qu’elle est : une ville libre, profondément démocratique et résolument tournée vers l’avenir.

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