Toulouse démarre la Coupe du monde dans une ambiance particulière. Pas de fan zone pour regarder les matchs de l’équipe de France ensemble. Un couvre-feu pour les mineurs pendant les soirées de compétition. Deux décisions du maire Jean-Luc Moudenc qui disent beaucoup sur sa façon de gouverner la ville.
Un couvre-feu inapplicable
Une mesure incontrôlable dans les faits
Le principe est simple : les mineurs de moins de 16 ans ne pourront pas sortir seuls la nuit pendant les matchs. Sauf s’ils sont accompagnés d’un ami ou d’un parent majeur.
Ce détail rend la mesure incontrôlable.
Qui va vérifier quoi, où, comment ? Les agents municipaux ont-ils pour mission de patrouiller dans les quartiers pour interroger des adolescents sur l’âge de leurs amis ?
Punir tous les jeunes pour une minorité
Les actes et dégradations commis le soir de la finale du PSG sont fortement condamnables. Mais les fauteurs de troubles avaient-ils tous moins de 16 ans ?
On cherche un bouc émissaire. On punit l’ensemble des jeunes Toulousains pour les actes d’une minorité qui n’entre pas totalement dans le périmètre de la mesure.
Une annonce précipitée, sans réflexion sur la mise en œuvre
Ce qui révèle le mieux l’état d’esprit derrière cette décision, c’est la précipitation et le manque de préparation.
Aucune anticipation. Pour aboutir, finalement, à une proposition absurde qui transforme la fête collective en événement honteux à cacher.
Toulouse, seule grande ville sans fan zone
La plupart des grandes villes françaises ont organisé des espaces pour que leurs habitants regardent les matchs ensemble. Toulouse sera l’une des rares exceptions.
Pas de fan zone. Pas d’écran en centre-ville. Pas d’animation publique pour le premier match de l’équipe de France. Il faudra attendre les quarts de finale, semble-t-il.
Le 16 juin pour France-Sénégal, Toulouse ne sera pas de la fête
Le couvre-feu mineur à Toulouse pendant la Coupe du monde laisse les habitants sans espace pour vivre ce moment ensemble. Un choix. Pas une fatalité.
Ce qu’on attend d’un maire
Condamner les dégradations qui ont suivi la finale du PSG, oui. La responsabilité des parents est engagée, et personne ne l’exonère.
Mais entre condamner et renoncer, il y a une distance que Moudenc a franchie sans hésiter.
Un maire, ça organise. Ça met en place des médiateurs, des fan zones encadrées, des transports pour que les gens rentrent chez eux en sécurité. Ça crée les conditions d’une fête populaire — pas d’une ville qui se barricade à chaque événement collectif.
Le couvre-feu, c’est la solution de celui qui n’a plus d’idées. Un aveu d’impuissance habillé en fermeté.
Les Toulousains méritent mieux que ça
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