La troisième ligne de métro de Toulouse coûtera 3,7 milliards d’euros. Soit 1 milliard de plus que ce qui avait été annoncé. La confirmation est venue au lendemain des élections municipales, par la voix de Sacha Briand, adjoint au maire chargé des finances. Un calendrier que les mauvais esprits ne manqueront pas de relever.
Troisième ligne de métro à Toulouse : le surcoût d’un milliard qu’on nous cachait
Comme c’est bizarre : il aura fallu attendre le lendemain des élections municipales pour avoir la confirmation de ce que nous redoutions. La troisième ligne de métro coûtera finalement 3,7 milliards d’euros, soit 1 milliard supplémentaire par rapport aux chiffres précédemment annoncés. Les mauvais esprits ne manqueront pas de relever l’opportunité du calendrier.
C’est ce que viens de confirmer Sacha Briand, adjoint-au maire en charge des finances et vice-présidnet de Toulouse Métropole sur cette même thématique à Actu Toulouse.
Je tiens d’abord à dire que ce projet, porté par Jean-Luc Moudenc lors de la campagne des élections municipales de 2014, est aujourd’hui attendu par les Toulousaines et les Toulousains. J’y suis favorable.
Pour autant, cette approbation de principe ne vaut pas blanc-seing sur le manque de transparence dont ce dossier est entouré depuis le début. Des reports de calendrier successifs, des difficultés à obtenir des réponses précises sur le coût réel de cette troisième ligne – et à chaque fois que nous posons une question, cette réponse commode qui permet d’esquiver tout débat : « vous êtes contre la troisième ligne de métro. »
De 1,4 à 3,7 milliards : retour sur une décennie de chiffres flottants
Fin mai 2022, Sasha Briand, adjoint aux finances et vice-président, évoquait un surcoût de 300 millions d’euros. À défaut d’une paille, nous voilà avec une poutre : le « réajustement » atteint finalement 1 milliard d’euros. Rappelons d’ailleurs que lors de la campagne de 2014, Jean-Luc Moudenc estimait le coût de cette troisième ligne à 1,445 milliard d’euros. Nous en sommes désormais très loin.
Certes, cette troisième ligne s’est développée dans un contexte particulier : la crise sanitaire, les tensions internationales, la hausse des matières premières. Cette argumentation est recevable et le prix actuel est de toute évidence plus sérieux que les hypothèses initiales. Suffisent-elles pour autant à masquer la réalité ? Les Toulousains et les métropolitains vont hériter d’une dette de 4,3 milliards d’euros pour l’ensemble des projets mobilité de l’agglomération, la troisième ligne en absorbant la quasi-totalité.
Les propos rassurants sur la soutenabilité financière ne dissipent pas les inquiétudes. La dette est colossale et la tentation sera grande – la droite toulousaine ne s’en cache d’ailleurs plus – de reporter une partie de ces sommes considérables sur le coût des transports, c’est-à-dire très concrètement sur le prix du ticket.
Mais cette troisième ligne de métro, si elle capte l’essentiel de nos capacités financières, ne masque pas les immenses besoins. On sait qu’à l’horizon 2030, le périphérique toulousain sera saturé dans son ensemble aux heures de pointe. Pourtant, Jean-Luc Moudenc confirme dans le même temps qu’il ne soutiendra pas financièrement le projet de RER toulousain. Il s’agit pourtant d’une priorité qu’il faut dès à présent engager et financer.
Cela suppose, bien entendu, des financements complémentaires. D’abord, stopper les projets inutiles, comme la jonction Est – 95 millions d’euros ! – qui, selon toutes les études, n’apportera aucun confort supplémentaire aux automobilistes. Ensuite, agir enfin sur le levier du versement mobilité : la Métropole de Toulouse doit s’adresser à l’État avec toute la force nécessaire pour réclamer, pour Toulouse et sa métropole, la même capacité d’action dont dispose la région parisienne.
