RÉFORME DE L’ASSURANCE-CHÔMAGE  : UN RECUL SANS PRÉCÉDENT

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Le Gouvernement a dévoilé sa troisième réforme de l’assurance chômage.
Alors que les deux premières réformes ont déjà considérablement diminué les droits des chômeurs, cette troisième initiative pénalisera encore une fois l’ensemble des travailleurs et travailleuses, représentant une régression sociale sans précédent.

Cette nouvelle régression, la troisième en seulement quatre ans, survient alors même que les effets des deux réformes précédentes n’ont montré aucun impact positif sur le retour à l’emploi. Il s’agit d’une nouvelle attaque contre les plus vulnérables.

Dorénavant, pour bénéficier des droits au chômage, pour lesquels chacun cotise chaque mois, il faudra avoir travaillé 8 mois au cours des 20 derniers mois.
En 2018, avant les deux réformes précédentes, quatre mois de travail sur les 28 derniers mois suffisaient. Concrètement, un demandeur d’emploi ayant travaillé en CDD pendant 6 mois ne sera plus éligible à l’indemnisation du chômage dès le 1er décembre 2024.

Le Gouvernement a aussi décidé de réduire la durée maximale d’indemnisation de 18 à 15 mois, ce qui augmentera le nombre de chômeurs en fin de droits, les poussant vers l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) et, une fois cette dernière supprimée, vers le RSA.

La troisième régression historique touche particulièrement les chômeurs seniors, en reportant de 55 à 57 ans l’âge à partir duquel ils peuvent bénéficier d’une durée d’indemnisation plus longue.

Ce durcissement frappera encore une fois les travailleurs les plus précaires : ces « permittents » qui alternent CDD, missions d’intérim et périodes de chômage, ainsi que les jeunes qui peinent à s’insérer durablement sur le marché du travail.

Comme lors des réformes de 2018 et de 2022, le Gouvernement se cache derrière les mêmes fantasmes, les mêmes clichés, et la même philosophie libérale de « l’encouragement au retour à l’emploi ».
C’est un déni de réalité, car toutes les études montrent que réduire les droits des chômeurs ne favorise pas leur retour à un emploi stable. Pire encore, le Gouvernement refuse de prendre en compte les accidents de la vie, les parcours difficiles et les obstacles à l’emploi.

L’assurance chômage n’est pas en difficulté financière, elle est même excédentaire. En réduisant les droits à l’assurance chômage sans diminuer les cotisations, l’État générera mécaniquement un surplus qu’il pourra utiliser à d’autres fins que l’indemnisation du chômage.

Le véritable motif de cette réforme est purement budgétaire. Le Gouvernement vise à réaliser 3,6 milliards d’euros d’économies supplémentaires par an sur l’assurance-chômage.
D’ici 2027, sans compter cette nouvelle réforme, le Gouvernement aura déjà ponctionné 26 milliards d’euros au détriment des chômeurs. Les macronistes préfèrent s’en prendre aux personnes précaires plutôt que de revenir sur les avantages fiscaux accordés aux plus riches depuis 2017, comme la suppression de l’Impôt sur la Fortune (ISF).

Comme beaucoup, je me tiendrai aux côtés des syndicats pour m’opposer avec détermination à cette nouvelle réforme de matraquage social.