Faut-il déménager le marché aux puces au Cours Dillon ?

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Il y a de toute évidence un gros flottement sur le possible déplacement du marché aux puces de Saint-Sernin du dimanche matin vers le Cours Dillon.
Mise à l’ordre du jour du conseil municipal de la semaine prochaine, présentée en commission « affaires économiques », la délibération a été retirée.
Quel est le sujet ?
Autour de Saint-Sernin il y a deux rendez-vous : le samedi c’est la brocante, le dimanche c’est le marché « aux puces ».
La prochaine réhabilitation de la place Saint-Sernin rend obligatoire le déplacement de ces deux rendez-vous hebdomadaires vers d’autres lieux.
Pour la brocante du samedi matin direction Saint-Aubin, pour « les Puces » du dimanche voyage vers le Cours Dillon.
Lisons la délibération :  » Ces deux déplacements prendront effet au 1er janvier 2017 sachant que le marché du samedi fera l’objet d’un suivi spécifique permettant de faire un point sur son retour éventuel sur son site d’origine, à savoir le pourtour de la basilique Saint-Sernin. Concernant le marché dominical, il s’agit d’un déplacement définitif. « 
En clair un allez/retour pour la brocante, un aller simple pour « les Puces » qui devraient demeurer sur le Cours Dillon.
Pourquoi « les Puces » n’ont -elles pas droit, elles aussi, à leur ticket retour, sur leur emplacement historique ? Rien n’est dit, aucun argument n’est avancé… rien n’empêche donc de supposer qu’elles deviendraient indésirables sur la place Saint-Sernin rénovée … Pourquoi ?
Autre zone d’ombre l’opacité qui entoure ce transfert. C’est par la presse que les riverains et les associations qui les représentent ont appris la nouvelle. Ils ont fait savoir leur mécontentement au point que dans les bureaux du Capitole on a jugé plus sage de retirer le délibération.
Pour autant rien n’est réglé : un transfert de cette importance va engendrer d’inévitables nuisances … ont-elles été étudiées ? Que vont devenir les places de stationnement du site ? Seront-elles remplacées ? Le site du Cours Dillon et de la Prairie des Filtres accueillent toute l’année de très nombreuses manifestations … faut-il en rajouter, chaque semaine, une supplémentaire ?
Autant de questions qui auraient du être discutées, débattues … si il y avait eu le début du commencement de concertation … il n’est pas trop tard.

Une lettre aux associations pour dénoncer les contre-vérités de Jean-Luc Moudenc

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Avec mes collègues du groupe socialiste et radical de la Ville de Toulouse, j’ai fait parvenir un courrier aux associations toulousaines pour rappeler quelques vérités après les informations mensongères et fantaisistes que leur a transmis Jean-Luc Moudenc, maire actuel de Toulouse pour tenter de justifier les baisses importantes de subventions qu’elles connaissent depuis 2014.
Cela fait plus de deux ans et demi que la droite toulousaine nous fait le coup de la banqueroute, au mépris de toute réalité. Aujourd’hui ces mensonges répétés ne trompent plus personne, mais ce n’est pas une raison pour renoncer à les dénoncer.
LETTRE AUX ASSOCIATIONS

« A quoi servent nos impôts locaux ? » s’interroge le magazine municipal « A Toulouse » de septembre. La question mérite en effet d’être posée.

Une chose est sûre : nos impôts ne servent pas à aider le tissu associatif toulousain.
Après une lecture attentive de ce journal tout à la gloire de la municipalité et de son maire, il apparaît que le mot « association » n’est cité que deux fois en 24 pages, dont une fois, en toute dernière page et en trois lignes, pour expliquer que la municipalité a décidé de baisser le montant des subventions aux associations de 25% d’ici 2020.
Une décision qui ne passe toujours pas dans le milieu associatif. D’autant que les critères pour procéder à cette diminution dans le temps (5% la première année pour l’une, 15% pour une autre, 25% d’un seul tenant pour une troisième), sont loin d’être transparents.

Pour justifier cette baisse, le maire de Toulouse s’est fendu d’un courrier pour le moins alambiqué à l’ensemble des associations de la Ville. D’où il ressort que s’il est en train d’étouffer à petit feu la vitalité du monde associatif toulousain, c’est :
– de la faute au gouvernement
– de la faute à la précédente municipalité coupable d’avoir dilapidé l’argent public !
Cela fait plus de deux ans et demi que Monsieur Moudenc nous fait le coup de la banqueroute, au mépris de toute réalité. L’année dernière déjà, en début d’été, les Toulousains avaient reçu quasiment le même courrier, usant des mêmes arguments, pour justifier cette fois la hausse des tarifs municipaux, et particulièrement de la cantine et des CLAE.

Elu d’opposition de 2008 à 2014, député jusqu’en 2014, Jean-Luc Moudenc fait toujours comme s’il n’avait aucune connaissance des finances de la ville. Pourtant, le « budget insincère » évoqué n’existe pas et l’examen du compte administratif, au mois de juin dernier, l’a bien démontré.

Bien loin d’avoir tenté de « cacher » quoi que ce soit, nous avons, lors du précédent mandat, fait le choix de l’investissement. Nous avons utilisé les finances publiques pour améliorer le quotidien des Toulousains et pour construire les grands équipements et services dont Toulouse avait besoin. Nous avons transformé Toulouse en métropole pour qu’elle soit à la hauteur des enjeux des premières métropoles de France.

Nous assumons d’avoir utilisé une partie de l’épargne pour rattraper le retard de Toulouse dans bien des domaines : les écoles (60 millions d’euros pour la rénovation de 170 écoles et la construction de 6 nouvelles), les crèches (plus de 1200 places), la culture, le développement économique et particulièrement les transports. Ainsi, nous avons investi pour sauver Tisséo d’une faillite programmée (1,4 milliards de dette, 32 millions d’euros annuel de déficit en fonctionnement). Nous avons donné à Tisséo la capacité d’affronter l’avenir en équilibrant ses comptes et en engageant une politique de maillage des transports en commun sur l’ensemble du territoire métropolitain.

La comédie que nous joue aujourd’hui la municipalité avec ce énième courrier ne trompe plus personne. La rigueur budgétaire invoquée cache de plus en plus mal des choix idéologiques qui ne font pas de la solidarité une priorité.

D’ailleurs, à aucun moment n’est évoqué dans ce courrier le rôle essentiel que joue le milieu associatif dans la vie des Toulousains, combien il contribue à créer du lien social, à dynamiser les quartiers, à offrir des perspectives à des enfants et à des jeunes qui en sont parfois privés. Aucun hommage n’est rendu à l’engagement des bénévoles qui donnent de leur temps, qui apportent leur bonne volonté, leur travail et leurs idées au service des autres.

Dans le raisonnement de Monsieur Moudenc, seule la logique comptable prévaut. Elle risque à terme de lui coûter cher. En effet, les associations sont des partenaires essentiels des collectivités. Tant pour le vivre ensemble et la solidarité qu’elles portent auprès des habitants, que pour les projets innovants qu’elles développent, en complémentarité des politiques publiques.

Pour ne pas l’avoir compris, le maire de Toulouse se prive d’un moyen d’animation sociale, culturelle, sportive de la ville. Il se prive de forces vives de la population prêtes à s’investir pour une société plus attentive aux autres, plus ouverte, plus tolérante. En ces temps de repli sur soi, de crispations, de rejet de l’autre, l’enjeu est énorme.
Une fois de plus, la majorité municipale est passée à côté.

Location du Stadium : faut-il faire payer la Fédération Française de Rugby ?

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Le conseil communautaire, qui se réunira demain, va examiner une délibération relative à l’accueil de la rencontre de rugby France / Samoa le 12 novembre prochain au Stadium de Toulouse.
C’est pour notre ville, notre métropole, notre région un événement important.
Cette rencontre sera également un moment de fierté de voir à la tête de l’équipe de France notre ami Guy NOVÉS.
Pourtant, cette délibération amène quelques remarques. Elle prévoit la mise à disposition gratuite du stadium pour l’accueil de cette rencontre. Bien évidemment, par rapport à la masse des questions et des sujets que la métropole est amenée à traiter, ce sujet n’est pas essentiel. Pour autant faut-il éviter de l’évoquer ?
Sans tomber dans une démagogie trop facile, il faut noter un paradoxe : Le Stadium sera gratuit pour accueillir une rencontre internationale au moment où de nombreux clubs amateurs connaissent d’ importantes difficultés liées à la baisse de leurs ressources et à celle du bénévolat.
Le discours des fédérations n’est pas nouveau. Dans de très nombreux sports, la musique est toujours la même : « si ce n’est pas gratuit nous allons ailleurs ».
Une gratuité demandé pour un événement qui va générer un chiffre d’affaires important…
Bien évidemment, pour une ville, une métropole, il est difficile de refuser d’accueillir des manifestations d’une telle importance. C’est pourquoi, il me parait important que cette question puisse désormais être encadrée par un dispositif réglementaire précis débattu entre les fédérations sportives, les collectivités locales et le ministère des sports. Rien n’est jamais gratuit, il faut bien le rappeler.
Entre 2008 et 2014, lorsque j’étais responsable de ces questions au sein du conseil municipal, j’ai eu par deux fois à traiter ce type de demande pour accueillir l’équipe de France de football, puis celle de rugby.
A chaque fois, dans un dialogue, parfois vif, avec les fédérations nationales, nous avons réussi à obtenir le paiement de la location du Stadium. Lors du match France/Afrique du Sud, grâce à l’aide du Comité Régional de rugby et de son président, le prix de cette location a été redistribué, via le comité régional, auprès des clubs et des écoles de formation.
Le sujet est délicat, j’en connais la complexité et je ne donne de leçons à personne. Regrettons juste cette délibération à sens unique qui ne prévoit même pas des places gratuites pour les enfants des écoles de rugby.
Voilà mes remarques, juste une dernière, évidente : allez la France !

Briançon (PS) : « La relation entre Jean-Luc Moudenc et les Toulousains est déjà entravée »

Interview parue dans Actu Coté Toulouse le 03/10/2016logo

Sécurité, transports public, démocratie locale…
Le socialiste François Briançon, élu d’opposition, revient sur la rentrée politique du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

Côté Toulouse : Dans six mois, Jean-Luc Moudenc sera à mi-mandat et, inévitablement, il s’agira de commencer à parler des élections municipales de 2020 pour l’opposition. La gauche travaille-t-elle déjà concrètement à la reconquête où faut-il encore attendre, comme le prônent un certain nombre de leaders de votre famille politique ?

François Briançon : Ceux qui vous disent qu’il faut attendre y pensent tous les matins en se rasant, vous pouvez en être assuré ! Dans cette perspective de reconquête, nous avons encore beaucoup de travail à accomplir. Ce qui me paraît obligatoire, c’est d’abord l’unité de toute la gauche. Socialistes, radicaux, écologistes et Front de gauche doivent passer outre les divergences nationales pour créer cette unité et cheminer ensemble.

Pour ce faire, chacun doit faire des efforts y compris le PS, lequel doit arrêter de considérer qu’il est hégémonique et qu’il peut se passer de partenaires. Cette unité, j’y crois fortement et je sais qu’elle fonctionne. Pierre Cohen l’a démontré en 2008. Carole Delga, à la tête de la Région Midi-Pyrénées, y parvient également.

CT : Quel est votre favori pour être candidat ?

FB : Nous ne manquons pas de très bons profils et plusieurs sont déjà alertes. Je crois que la personnalité qui portera le mieux le combat contre la droite en 2020 sera celle qui réussira à mettre en place l’unité de la gauche.

CT : Est-ce un défi qui peut vous intéresser ?

FB : J’ai déjà eu l’occasion de dire que je me tenais disponible. Ma famille politique le sait. Au-delà de ma participation aux groupes d’opposition municipal et métropolitain, je suis sur le terrain, j’écoute les Toulousains, après avoir échangé beaucoup avec nos militants au lendemain de notre défaite en 2014. Car il faut que la gauche s’interroge, travaille sur le fonds, le contenu; Qu’elle soit en mesure de répondre, en 2020, aux grands défis d’une métropole. En commençant par se demander : qu’est ce qu’une métropole ? A quoi sert-elle ? Que voulons-nous et devons-nous en faire pour nos concitoyens ? Il faut ensuite asseoir cette analyse forte sur nos valeurs et notre expérience. Clairement, on ne peut pas revenir à nos positions d’avant 2014.

J’ai beaucoup de fierté à avoir participé activement au mandat de Pierre Cohen. Tout ce qu’on a fait n’est pas à jeter, bien au contraire. Mais en 2020, six ans auront passé et Toulouse, les Toulousains, leur vie quotidienne, auront changé.

Nous avons réussi ce travail d’analyse et de perspective en 2008. Nous sommes capable de le refaire en 2020.

CT : Changer le fusil d’épaule, sans mauvais jeu de mots, sur les questions de sécurité, est-ce cela ne pas revenir sur certaines positions du mandat de Pierre Cohen ?

FB : Ce peut être un exemple. Car le contexte a changé. En 2008, le climat n’était pas celui que nous connaissons aujourd’hui, réellement anxiogène. Merah est passé par là, les nombreux attentats aussi, la délinquance a progressé. En ce sens, Jean-Luc Moudenc a pris des mesures qui m’apparaissent nécessaires. Je ne critiquerai donc pas le recrutement de policiers municipaux, ni même leur armement. Le développement de la vidéo-surveillance me paraît une nécessité. La municipalité se devait de monter en puissance aux cotés de l’Etat sur les questions de sécurité. En revanche, les propos tenus par Jean-Luc Moudenc lors de sa rentrée politique sont critiquables.

L’argumentation de Jean-Luc Moudenc est déplorable. Elle consiste à agresser l’Etat en réclamant des renforts, parce qu’il est allé trop loin dans ce qu’il a promis durant sa campagne électorale, par cosmétique électoral, parce qu’il ne résiste pas à un petit coup de populisme. D’autant qu’il fut bien silencieux lorsque Nicolas Sarkozy a coupé dans les effectifs policiers partout dans le pays… Jean-Luc Moudenc a bel et bien raté sa rentrée politique.

CT : Pensez-vous que Toulouse ne mérite pas davantage de renforts policiers ?

FB : Toulouse doit porter un autre combat. En matière de sécurité, ce n’est pas s’opposer à l’Etat ou l’agresser qui fera avancer les choses. Nous devons collaborer. A titre personnel, et cela n’engage pas forcément tous mes camarades socialistes, je considère même qu’il faut sortir de la dualité entre polices municipale et nationale. Cette répartition est un concept des années 1980. Le contexte n’est plus le même. Il faut imaginer de nouvelles méthodes, dans un cadre législatif évidemment, impliquant davantage la police municipale dans les missions de la police nationale.

CT : L’autre dossier brûlant de la rentrée politique de Jean-Luc Moudenc est l’annonce de la mise en place de la tarification sociale dans les transports publics. N’est-ce pas finalement une mesure de gauche ?

FB : Sur ce sujet, ce n’est pas la justice sociale qui est en jeu. Mais nous devons savoir comment faciliter l’utilisation des transports en commun dans une ville en proie aux bouchons, dans une époque où l’environnement et les économies d’énergie sont un vrai défi.

Réduire la part de la voiture en ville, c’est cela la responsabilité de la collectivité locale. Et en matière de transports publics, on a jamais vu une fréquentation augmenter après une hausse des tarifs…

Je crois également que la tarification sociale va à l’encontre de l’aide que nous devons apporter aux plus démunis. Deux tiers des retraités connaissent aujourd’hui des difficultés. N’oublions pas qu’au-delà des petites pensions, nombreux sont les seniors qui viennent aujourd’hui en aide à leurs enfants ou à leurs petits-enfants.

CT : Pour le coup, la 3e ligne de métro proposée par Jean-Luc Moudenc servira à réduire la part de la voiture en ville. Vous étiez inquiet sur son financement. Le plan budgétaire présenté avant les vacances vous a-t-il rassuré ?

FB : Non, car ce plan de financement n’est pas abouti. Il manque plus d’une centaine de millions d’euros. J’ajoute que le tracé n’est pas non plus abouti : Colomiers ou pas Colomiers, aéroport ou pas aéroport, Labège ou pas Labège ? Jean-Luc Moudenc répond aujourd’hui avec beaucoup de flou. J’ajoute que ce projet, s’il aboutit, nous empêchera de réaliser d’autres opérations pendant au moins 20 ans.

CT : La rentrée a également été chaude à l’occasion de plusieurs réunions publiques entre riverains et élus. Avez-vous assisté à l’une d’entre-elles ?

FB : Oui, le climat est houleux au point qu’une réunion n’a par exemple pas pu se tenir et qu’une autre a été annulée. Des réunions publiques où le ton monte entre riverains et élus, ce n’est pas insolite. Durant le mandat précédent, nous nous sommes fait bouger. Mais pas comme ça… Jamais avec de telles invectives et noms d’oiseaux. Ces scènes témoignent et attestent qu’à presque mi-mandat, la relation entre Jean-Luc Moudenc et les Toulousains est déjà entravée.

Photo de Pascal Pallas

Pascal Pallas

Editeur / Rédacteur en chef

Incivilités : et si on essayait, aussi, la médiation ?

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Pour de nombreux toulousains, la nuit toulousaine dérape. A raison.
Bruits, incivilités, saletés, dégâts matériels … la nuit, Toulouse n’offre pas son meilleur visage.
C’est un sujet ancien et difficile. Comment concilier une ville qui veut dormir, se reposer, être tranquille chez soi avec une ville qui veut sortir, profiter des terrasses, et faire « la fête » ?
Il y a la réponse répressive. Elle est absolument nécessaire, mais de toute évidence, elle ne suffit pas.
Il y a quelques jours la police municipale et nationale ont mené une opération de verbalisation sur les bords de Garonne. A grand renfort de communication, la ville de Toulouse a montré qu’elle savait faire preuve de « fermeté ». Message dérisoire, opération de communication inefficace qui ne règle rien.
Il faut tout d’abord être très ferme avec les responsables d’établissement. Ce sont des professionnels qui connaissent la loi. La minorité qui s’affranchie des règles doit être sanctionnée avec force et sans attendre.
Pour autant, il ne faut pas jeter l’anathème sur une profession qui fait, dans une très grande majorité, correctement son travail.
N’oublions pas qu’une grande partie de l’alcool consommé dans les rues toulousaines ne provient pas des bars. Pour preuve, dans les supermarchés du centre-ville, il suffit d’aller constater la longueur des linéaires consacrées à l’alcool à bas prix. Et attardez-vous au caisse, vous constaterez le manque de rigueur sur le contrôle des mineurs … .
Dans de très nombreux cas, la discussion, la concertation, le rapprochement des points de vue permet de trouver des solutions pérennes aux petits conflits de notre quotidien. En supprimant purement et simplement l’Office de la tranquillité et les postes de travail liés aux missions de médiation la droite municipale a commis une grave erreur.
Même erreur dans les transports en commun : l’extension des horaires du métro jusqu’à trois heures du matin ne s’est pas accompagné d’un dispositif de prévention et de médiation adéquat, alors que les personnels, forts de l’expérience concrète qu’ils vivent au quotidien, le réclamaient.
Alors quelles propositions ?
La mairie de Toulouse, en lien avec ses partenaires, devrait porter des politiques de médiation plus ambitieuses, en lien avec le travail effectué par la police municipale et la police nationale.
Commençons par rassembler toutes les fonctions médiations qui existent au sein des différents services de la Ville de Toulouse, de Tisséo, de Toulouse Habitat … pour créer une coordination et une complémentarité efficace, puis se tourner également vers les autres partenaires publics, associatifs de la médiation. Une mission médiation, transversale, serait à mon avis indispensable.
Dans chaque quartier une réunion mensuelle devrait réunir les représentants des riverains, les professionnels et la ville de Toulouse pour évaluer la situation et engager les mesures adéquates.
Valorisons également le travail des associations qui directement ou indirectement concours à la médiation, par une aide financière et technique supplémentaire.
Travaillons également avec les points de vente d’alcool du centre-ville pour établir et faire respecter des règles plus éffiaces.
Enfin la création d’un poste d’adjoint au maire en charge de la nuit et doté de moyens est aujourd’hui indispensable.

Sécurité : Moudenc préfère la voie politicienne au chemin républicain

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Certains s’étonnent des déclarations faites hier par Jean-Luc Moudenc lors de sa conférence de presse de rentrée pour réclamer des effectifs de police supplémentaires à Toulouse.
Sur ce point – c’est rarement le cas – reconnaissons qu’il est, depuis son élection, dans la constance.
Constance – soit dit en passant – dont il ne fit pas preuve lorsque Nicolas Sarkozy était président de la République et supprimait des milliers d’emplois dans la police tout en démentelant nos services de renseignements.
Il réclame aujourd’hui ce qu’il a accepté de laisser faire hier. Si sur le fond il est dans son rôle, sur la forme il n’est que l’incarnation de ce qui est devenu détestable dans le débat sur la sécurité : chercher à l’exploiter politiquement plutôt que de chercher à la résoudre.
Les « c’est pas moi c’est lui » , les surenchères de tous genres polluent un nécessaire débat que l’on sait par nature complexe.
En développant les effectifs de la police municipale et l’arsenal technique de vidéo surveillance, le maire multiprésident jusqu’en 2020, ne fait que répondre aux nécéssités d’un temps où délinquance et terrorisme font notre quotidien. Sur ce point, il a mon soutien républicain même si l’implantation de certaines caméras répondent plus à la cosmétique électorale qu’à la nécessité des faits.
Par contre engager une polémique avec l’Etat au moment où les efforts doivent se conjuguer, où nos policiers et nos gendarmes doivent être soutenus, où l’Etat multiplie les recrutements, où collectivités et services préfectoraux doivent former une équipe soudée et déterminée, n’est pas responsable.
Sans doute la proximité de la primaire de droite n’est pas étrangère à cette saillie très sarkozyste.
Sans doute aussi, le maire de Toulouse veut-il faire oublier les discours démagogiques où il promettait de « ne pas laisser Toulouse devenir le Bronx » et « d’assurer la sécurité des toulousains de jour comme de nuit » … .
On en est loin … .

Non aux augmentations pour les transports en commun

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L’argument est toujours le même. : « Ce n’est qu’une légère augmentation, ce ne sont que quelques euros, l’usager ne sentira pas la différence … »
Au final, mis bout à bout les prélèvements décidés par la droite toulousaine s’abattent sur les toulousains avec force : un peu d’augmentation de cantine, un soupçon de CLAE, une pincée d’activités culturelles et sportives, un zeste de hausse de tarifs … sans oublier une très large rasade d’augmentation d’impôts … conclusion une recette indigeste pour les toulousaines et les toulousains.
Depuis deux ans la politique de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse 2014 – 2020, se résume en une phrase : « toujours plus de prélèvements dans la poche des toulousains, toujours moins d’actions et de service public ».
« cette fois, ce sont les transports en commun qui serviront de prétexte pour ponctionner les toulousains. »
Mais pour parachever son plat, le locataire du Capitole – pour 43 mois encore – avait besoin d’un ingrédient supplémentaire : cette fois, ce sont les transports en commun qui serviront de prétexte pour ponctionner les toulousains.
Pour les jeunes, le tarif préférentiel – le moins cher de France – sera revu à la hausse. Pour les seniors, la mesure emblématique de Pierre Baudis de gratuité est simplement supprimée.
« des augmentations contre l’injustice. Décidément Toulouse est bien la capitale de l’innovation ! »
Appelé à la barre pour témoigner en faveur du maire actuel de Toulouse, l’argument justice sociale. Il ne manque pas de sel : des augmentations contre l’injustice. Décidement Toulouse est bien la capitale de l’innovation !
Aujourd’hui tout doit être fait pour favoriser l’utilisation des transports en commun. C’est un enjeu de société, d’attractivité et de santé publique. On a jamais vu une augmentation devenir une mesure incitative.
De plus ces évolutions tarifaires iront approfondir les difficultés d’une jeunesse étudiante trop souvent précarisée et ne favoriseront pas son autonomie. En ce qui concerne les seniors, dans un temps de crise économique et sociale persitante, c’est également une entrave à l’aide financière que de nombreux retraités apportent à leurs enfants ou petits-enfants.
En clair, une mesure anti-sociale et anti-transports.

Le monde merveilleux de la droite toulousaine

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Edifiant !
La réunion du secteur ouest qui s’est tenue hier soir au centre culturel Alban Minville est révélatrice de la détérioration des relations entre la droite municipale et les toulousains.
Présent à cette réunion en compagnie de mes collègues de l’opposition municipale Claude Touchefeu, Régis Godec et Pierre Lacaze et de Jean-Louis Llorca, conseiller départemental, j’y ai trouvé des habitants inquiets et en colère, des élus perdus et sans réponses, une ambiance lourde et pesante.
Il faut dire que, dès le départ, les conditions de l’exercice d’un débat démocratique n’étaient pas réunies. Une salle trop petite, un seul micro et en guise d’introduction un monolgue des différents élus pendant plus d’une heure … .
Toulouse au pays de oui-oui,
dans le monde merveilleux de la droite toulousaine … .
La réunion débute, donc, par une heure d’autosatisfaction d’élus content d’eux-mêmes et de « leurs réussites ». On parle de l’école mais on ne dit pas un mot sur la dégradation des repas à la cantine, sur les hausses de tarifs et les remises en cause de gratuité ; on parle de transport mais on ne dit rien sur la prochaine augmentation des tarifs jeunes et sur la suppression annoncée de la gratuité pour les séniors ; on parle de sécurité mais en oubliant la violence, la drogue … Toulouse au pays de oui-oui, dans le monde merveilleux de la droite toulousaine … .
Dès les premières questions les habitants ont tôt fait de sortir les élus de leur monde imaginaire et de les ramener au sens des réalités.
Deux sujets mobilisent particulièrement les habitants : la sécurité et l’urbanisme.
Comme l’a décrit Régis Godec sur son compte facebook :  » Les discours de campagne de M Moudenc lui reviennent comme un boomerang. « 
Qui sème le vent récolte la tempête : les discours simplistes et racoleurs de la campagne électorale se heurtent à la réalité des faits. A un élu satisfait d’égrainer des statistiques de caméras, une mère de famille rappelle les morts, la présence massive des armes à feu.
les discours simplistes et racoleurs de la campagne électorale
se heurtent à la réalité des faits.
Sur l’urbanisme et le logement également les habitants demandent des comptes. Là aussi les promesses électorales se sont envolées.
Face aux critiques, aux questions, les élus ne peuvent pas répondre. C’est finalement un technicien municipal qui viendra donner des informations devant des élus muets.
Les principaux adjoints concernés – éducation, urbainsme, sécurité, sport et vie associative – sont , comme toujours, absents. Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse jusqu’en 2020, est annoncé pour « dialoguer à la fin de la réunion ».
Prudent, sans doute averti du mauvais déroulement de la soirée, il arrivera finalement à 21h30, trois heures après le début de la séance, pour débattre avec son carré dur de militants. Les 3/4 de la salle étaient déjà partis, moi également.

Toulouse – Bordeaux : une rivalité folklorique ?

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La rivalité entre Toulouse et Bordeaux est une histoire ancienne.
Elle alimente depuis de longues années les conversations de comptoir et les réflexions pas toujours fines  … mais au-delà de du « coté folklorique » cette rivalité existe-t-elle vraiment ?

Dans son ouvrage « Toulouse Bordeaux, l’un dans l’autre » , paru chez Loubatières en 2005, le publicitaire et écrivain montalbanais Serge Legrand-Vall raconte la genèse de cette opposition : Bordeaux qui au coeur du moyen-âge obtient le privilège de pouvoir vendre ses vendanges avant celles des autres régions du grand sud-ouest, Bordeaux toujours qui profite au XVIIIe siècle de l’expansion du commerce maritime, puis Bordeaux qui s’endort au moment où Toulouse se développe avec l’aéronautique, sa qualité de vie unanimement reconnue, le dynamisme universitaire et la jeunesse.

Aujourd’hui les deux métropoles développent chacune leurs qualités, leurs difficultés, leurs projets et leurs ambitions.
A l’heure de la mondialisation, l’opposition entre deux grandes villes françaises si proches ne veut plus dire grand chose … même si les multiples classements ou le débat politicien cherchent encore à les opposer … .

La rivalité est surtout devenue sportive. Ce soir le derby de la Garonne opposera les clubs de football de nos deux villes : un classique.

Sur le plan sportif, l’opposition entre les deux cités est d’ailleurs ancienne : le 4 avril 1909, le Stade Bordelais défait 17-0 Toulouse pour sa première finale de championnat de France sous le nom de Stade Toulousain  ; en 1937, le premier match officiel du Toulouse Football Club, engagé dans le championnat de deuxième division, a lieu au Stade Chapou contre… les girondins de Bordeaux … victoire du TFC sur le score de 3-1 … comme ce soir au Stadium ?

TFC / STADE : LES SUPPORTERS OBLIGÉS DE CHOISIR

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Au stade, dans un bar ou à la télévision le supporter toulousain devra choisir ce soir
entre le TFC et le Stade.
Encore une fois, les matchs auront lieu à la même heure.
Dommage. Cette situation est d’autant plus regrettable que la Dépêche du Midi de ce matin nous raconte comment les deux clubs toulousains multiplient les initiatives pour faire venir et accueillir les spectateurs dans les meilleures conditions.
Leurs efforts seront forcément amoindris par cet horaire simultané.
On le sait, depuis plusieurs années les ligues organisatrices ont abandonné le débat calendaire à la toute puissance des télévisons. Qui paye choisi …