11/09/2013 – Entretien pour le Journal Toulousain

« Moudenc : Les mots qu’il emploie me glacent »

Il est l’homme à tout faire de Pierre Cohen. Sniper attitré autant en conseil municipal que sur les réseaux sociaux, adjoint aux sports omniprésent et surtout président stratège du groupe « Socialiste, radical et républicain », François Briançon se prépare « sereinement » à la prochaine échéance électorale… Certaines langues l’annoncent même déjà comme directeur de campagne du maire sortant. Même s’il ne souhaite pas encore répondre à la question, on miserait bien un billet dessus. Les Verts, le Front de Gauche, Moudenc, de Veyrac, le FN… Autant de sujets balayés par le sniper toulousain du PS.

L’entrée progressive dans la campagne municipale change-t-elle quelque chose à la vie du groupe « Socialiste, Radical et Républicain », que vous présidez à la mairie de Toulouse et à la Communauté urbaine ?

Les groupes politiques sont des organisations d’élus au sein du conseil municipal, et à ce titre, ils n’ont pas le droit de participer à la campagne électorale. Ils ont des moyens mis à disposition par la collectivité dans le cadre de l’accomplissement des mandats de leurs membres. En aucun cas les moyens techniques ou les salariés de chaque groupe ne pourront être utilisés dans le cadre de la campagne électorale. Ceci étant dit, chacun d’entre nous, dans sa dimension militante, va pouvoir s’exprimer librement sur l’échéance à venir… Il va donc y avoir une séparation très stricte entre le fonctionnement du groupe politique et la future équipe de campagne de Pierre Cohen.

Qu’en est-il de vos relations avec les « Verts » (EELV, ndlr) qui ont annoncé leur désir d’autonomie au premier tour de l’élection municipale ?

Ils ont eux-mêmes déclaré que la porte restait ouverte à des discussions… Et de notre côté, nous avons toujours dit que la porte restait également grande ouverte. Pierre Cohen souhaite clairement garder la configuration gagnante de 2008.

La porte reste-t-elle également ouverte pour la partie du Front de Gauche animée par Jean-Christophe Sellin et Myriam Martin ?

Le débat ne se pose pas car ils ont déjà affirmé qu’ils auraient au bout de leur démarche au premier tour…

Mais pourra-t-il être posé au second tour ?

C’est à la future tête de liste de répondre à cette question…

On entend fortement votre nom pour être le futur directeur de campagne de Pierre Cohen. Vous confirmez ?

Pour l’instant, je ne suis pas le directeur de campagne de Pierre Cohen. Une fois qu’il sera désigné comme tête de liste par les militants socialistes (10 octobre, ndlr), le candidat fera part d’une organisation de campagne.

Mais les choses sont-elles entendues entre Pierre Cohen et vous ?

Nous n’en sommes pas encore là et de toute façon le plus important reste la tête de liste… C’est elle qui imprimera la dynamique de la campagne.

Comment jugez-vous ce qui se passe chez vos opposants avec notamment la campagne de Christine de Veyrac qui continue à contester le leadership de Jean-Luc Moudenc ?

Je remarque qu’à droite, contrairement à la gauche, la pluralité a beaucoup de mal à être acceptée. Je suis étonné du niveau de violence qui se déchaîne envers les personnalités qui font entendre une voix un peu différente… Je pense à l’attitude de l’UMP vis-à-vis de Christine de Veyrac ou du MJT (« Mouvement des Jeunes pour Toulouse » qui vient de se rallier à la députée européenne, ndlr). Il y a un non-respect évident de la différence. Le leitmotiv actuel de Jean-Luc Moudenc, c’est « je ne veux voir aucune tête qui dépasse. » Les mots qu’il emploie me glacent. Ce n’est pas ma conception du vivre ensemble. Dans une ville comme la nôtre, il faut s’avoir s’enrichir de nos différences.

Jean-Luc Moudenc comme Christine de Veyrac déclarent qu’ils vont donner une large place à la société civile sur leur liste respective…

C’est extraordinaire. Cela me fait sourire même… Comme si Jean-Luc Moudenc et Christine de Veyrac faisaient eux-mêmes l’aveu de ne pas être représentatifs de la société contemporaine. Ils sont tellement peu en rapport avec les réalités des Toulousains, qu’ils se sentent obligés de faire appel à des personnalités de la société civile pour avoir des expertises. Leur discours démontre une vision un peu étroite de la politique, mais cela ne m’étonne pas outre mesure. Pour rappel, beaucoup de gens oublient que Jean-Luc Moudenc est élu depuis l’âge de 26 ans ! Cela fait un quart de siècle qu’il est au service des Toulousains et qu’il vit de la politique. En fait, la société civile, il ne la connaît pas ! Mais il a peut-être envie de la connaître ! (rires)

Le MoDem se prépare à rallier Jean-Luc Moudenc. Un avis ?

Durant l’exercice du mandat, le MoDem a été porteur d’une voix plus nuancée au sein de l’opposition. Très souvent en contradiction avec le discours toujours plus à droite de Moudenc… Aujourd’hui je souhaite donc beaucoup de courage aux militants du MoDem. Il va falloir qu’ils fassent preuve de souplesse, car ça va être le grand écart en permanence.

Certains accusent Pierre Cohen d’instrumentaliser à son profit une montée du FN. Vous répondez quoi ?

C’est absurde et indécent. Je sais que c’est l’idée que tend à répandre Jean-Luc Moudenc, mais il oublie qu’au second tour des dernières élections cantonales, il n’a pas appelé à faire battre le Front National. Pourquoi ? Il va falloir qu’il s’explique.

Propos recueillis par Thomas Simonian

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