Classement UNESCO du centre ville : oui mais …

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Reprenant à son compte une idée discutée depuis quelques années par les professionnels du tourisme et les élus en charge de ses questions, le maire UMP de Toulouse vient de proposer de déposer une candidature de notre centre ville au patrimoine mondial de l’UNESCO.
C’est incontestablement une bonne initiative.
D’abord parce que le patrimoine de notre cité est riche et digne de figurer aux cotés des villes, des lieux, des sites français, européens, mondiaux qui bénéficient déjà de ce label.
Ensuite parce que c’est un plus pour notre attractivité touristique, en particulier pour les touristes étrangers, et par là même pour le développement économique et pour l’emploi.
Enfin parce que cette candidature permettra de fédérer et d’animer les acteurs du tourisme, du patrimoine et au-delà de nombreux toulousains.

Pas de réserves, mais des questions
Mais, il y a toujours un mais.
Cette candidature ne doit pas être un prétexte pour chloroformer notre centre ville, pour l’enfermer sous une cloche réservée aux plus aisés. Il faudra donc savoir concilier patrimonialisation et projet urbain, classement Unesco et qualité de vie. Les budgets importants qui seront nécessaires ne seront-ils pas débloqués au détriment d’autres quartiers de la ville ?
Beaucoup de choses seront d’ailleurs dépendantes du périmètre proposé. Le choix de ce dernier permettra tout d’abord de vérifier la réelle volonté du maire UMP de Toulouse : coup médiatique ou véritable ambition. M. Moudenc risque d’ailleurs de se retrouver confronter à ses propres contradictions : comment par exemple concilier le retour annoncé de la voiture dans le centre ville et cette candidature UNESCO ?

N’oublions pas le Canal et la Garonne 
Ma deuxième préoccupation est pour le Canal du Midi et pour la Garonne.
Nous le savons le risque d’un déclassement UNESCO du Canal du Midi existe. Gouvernance compliquée, manque de crédits, problèmes d’entretien … nous pouvons tous constater, depuis plusieurs années, l’absence d’un projet global et cohérent.
Même inquiétude pour la Garonne. Le grand Plan Garonne voulu par Pierre Cohen résistera t-il aux coups de ciseaux budgétaires de la droite toulousaine, alors qu’il y a tant de choses à faire ?
Ne faut-il pas d’abord conforter, valoriser, mieux exploiter ses joyaux fluviaux avant de se lancer dans un projet patrimonial de très grande ampleur dans le centre ville ? A moins que cela ne soit l’occasion d’établir de nouvelles et grandes synergies entre fleuve, canal et quartiers ?

Attendons que le maire UMP de Toulouse précise ses intentions. Après l’effet d’annonce, doit venir le temps de la clarification. Chacun pourra alors compléter ses appréciations, se forger une opinion.
C’est pourquoi à ce stade je ne pose que des questions.

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