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 » Depuis les Capitouls, Toulouse n’a jamais été une ville de vassalité « 


Retrouvez mon intervention au Conseil municipal du 15 juin 2018 lors du débat liminaire

Comme dans toutes les grandes villes, comme dans toutes grandes métropoles, il existe deux Toulouse.

Il y a le Toulouse qui va bien, celui des cartes postales, celui de l’excellence aéronautique, spatiale et universitaire, le Toulouse qui travaille, le Toulouse qui consomme, le Toulouse des terrasses de café, le Toulouse qui peut partir en week-end.

Et puis, il y a l’autre visage, le Toulouse qui va mal, celui des fins de mois difficiles, celui du doute et de l’incertitude, le Toulouse sans emploi ou dans la précarité, le Toulouse mal logé.

Ce Toulouse, il est présent partout, dans tous les quartiers, concentré dans certains, diffus dans tous les autres.

Ce Toulouse là, je veux être honnête, vous n’en êtes pas à l’origine. Il est, avant tout, le produit de notre société marchande, de la mondialisation, de l’individualisme.

Mais votre responsabilité existe car ce Toulouse du mal-être, j’ai l’impression que vous avez choisi de l’accepter, vous avez choisi de ne pas agir.

Pourtant l’urgence est là.

Quelques chiffres :

> 73 000 personnes sont considérées comme pauvres à Toulouse ce qui représente un taux de 18,6 % contre 14,5 % au plan national

> Les demandes d’hébergement d’urgence sont aujourd’hui supérieure d’un tiers à ce qu’elles représentaient il y a 5 ans

Il y a maintenant 4 ans que vous êtes aux commandes de notre ville.

Quel est votre bilan social ? Quelles est la grande mesure solidaire que vous avez prises en faveur de celles et ceux qui sont en premier les victimes de la crise ?

> Pour les familles en difficultés, la cantine n’est plus gratuite, tous les services publics ont augmenté

> Pour les personnes âgées et les demandeurs d’emplois, le transport gratuit c’est terminé ; pour les étudiants, il est plus cher

En clair la ville est plus dure avec les plus fragiles.

Entre la hausse des impôts et des tarifs, vous aurez ponctionnés, d’ici 2020, plus de 230 millions d’euros dans la poche des Toulousains.

Votre politique est claire : faire payez plus pour offrir moins.

Monsieur le maire, beaucoup le disent, Emmanuel Macron est le président des riches. Vous êtes maire de Toulouse pendant encore deux ans : avez décidé de n’être que le maire des privilégiés, le maire de ceux qui vont bien ou allez vous devenir le maire de tous les toulousains ? Le maire qui défend les classes populaires et les classes moyennes !   

Mais vous avez également, monsieur le Maire, une deuxième responsabilité. Celle de vous exprimer, celle de faire entendre la voix de la 4 ème ville de France sur les questions sociales.

Au début du mandat, vous nous avez indiqué prendre personnellement en charge la politique de la ville. J’avais trouvé cet engagement significatif et cette annonce porteuse de sens.

Aujourd’hui pourtant, je dois en faire le triste constat, maire de la 4 ème ville de France, président de Toulouse Métropole, Président de France Urbaine vous avez décidé que quelque soit la question  vous répondriez : « je suis d’accord avec le président de la République, je suis d’accord avec le premier ministre, je suis d’accord avec le gouvernement »                                        

Lorsque le premier ministre propose de placer les dépenses de Toulouse Métropole sous tutelle directe de l’administration préfectorale, le premier a lever le doigt c’est le maire de Toulouse.

Lorsque le président de la République jette au fond d’un tiroir, le rapport Borloo, pourtant porteur d’espoir, vous êtes le seul élu, en France, impliqué sur la politique de la ville, a trouver cela fantastique. Et s’il avait fait le contraire, vous auriez également été d’accord.

Alors, monsieur le maire, et c’est ma deuxième recommandation, montrez-nous que pendant vos deux dernières années de mandat, la voix de Toulouse peut être indépendante, forte et puissante. Etre un grand maire, aujourd’hui c’est imposé sa ville dans les débats nationaux. Vous avez choisi d’être un maire soumis. Pourtant vous le savez depuis les Capitouls, Toulouse n’a jamais été une ville de vassalité.

 

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