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Il est inopportun de donner le nom de « Saint Jean-Paul II » au parvis de Saint-Sernin


 

 

Le maire de Toulouse va proposer au conseil municipal de donner au parvis de la Basilique Saint-Sernin le nom de « Saint Jean-Paul II ».

Cette décision est inopportune.
D’abord parce que Saint-Sernin est un lieu fédérateur de notre ville, de notre patrimoine. La basilique classée au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, le martyr de Saint-Saturnin font partie de l’histoire de notre ville sans qu’il soit judicieux d’y associer une dimension contemporaine.

Ensuite parce qu’au moment où un large débat, très controversé, traverse la société française sur la place des religions dans l’espace public, cette décision relève une forme de provocation : donner en 2015, à une des places emblématiques de la quatrième ville de France, le nom d’un pape disparu il y a dix ans, n’est pas un geste anodin. C’est une décision inutile qui va à l’encontre du dialogue, de l’apaisement et de la sagesse républicaine que nous devrions tous promouvoir.

Enfin parce que la personnalité même de Jean-Paul II provoque aujourd’hui encore de larges débats. Personnage controversé, il est reconnu pour son action pour la paix, contre la pauvreté mais aussi pour sa condamnation de la contraception, de l’avortement au moment où, durant son sacerdoce, le SIDA se développait avec force, notamment en Afrique.

Jean-Paul II n’est pas une personnalité qui rassemble, mais une personnalité qui divise.
C’est pourquoi je viens d’écrire au maire de Toulouse en lui demandant de retirer cette proposition et de donner à ce parvis – s’il lui faut un nom – celui de parvis de la laïcité.

9 commentaires

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  • Ben

    Je comprend votre souci de pacification, mais je crois qu’en vérité la laïcité n’a rien a voir avec cela.
    Jean-Paul 2 était certes un pape mais aussi un personnage historique majeur du XXéme siècle c’est sans doute à ce titre que la république peut nommer un parvis à son nom. Après que l’on soit d’accord ou pas avec cette décision c’est respectable dans tous les cas mais c’est un probléme politique et d’opinion pas un probléme de laïcité.

  • Gobelin99

    C’est avec des réactions comme cela que vous divisez les gens.
    Laissez les penser, réfléchir par eux même plutôt que de polémiquer pour polémiquer. Je ne suis pas particulièrement croyant,mais donner le nom d’un pape à un parvis devant une basilique, il n’y a rien de choquant,ce n’est pas un palais des congrès,une salle de spectacle, ni surtout un bâtiment publique !

  • desclaux

    Votre connaissance de la vie de Jean-Paul II semble se limiter aux informations partielles publiées par les médias soucieux de créer une polémique afin de mieux satisfaire des lobbies ayant pignon sur rue sans aucun soucis du bien commun.
    Quand à nommer le parvis de la basilique « parvis de la laïcité » , autant la nommer parvis du n’importe quoi: Qu’est-ce que la laïcité concept s’appliquant à l’administration de la république vient faire à cet endroit?
    C’est surement la même conception fumeuse de la laïcité qui a amené l’ancienne majorité à appeler l’espace situé rue d’Aubuisson « espace de la laïcité ». En ce qui me concerne, je ne connais que la Laïcité de l’administration (déjà bien difficile à faire appliquer mais qui ne s’applique qu’aux fonctionnaires et aux mineurs à ‘école) et la liberté de conscience des citoyens. Tout autre modèle relève non d’une démocratie mais d’un régime autoritaire.
    Bien à vous.

  • lola

    Mais c’est quoi de vouloir changer les noms…!!!!!! partout ces parvenus(es) mais qui se mêlent d’atres problémes j’ai 56 ans et moi je connais que St SERNIN et fiére…. chacun sa place.. bordel.

  • Pierre

    Grand manque d’intelligence sur ce que devrait être la laïcité.
    Méconnaissance totale de la personne de Jean-Paul II, de son action majeure pour la paix entre les peuples et les religions, et pour la vie.
    Politique politicienne.
    Bof

  • Le rocrocodile ne meurt jamais

    Preuve encore une fois que nous vivons dans un autre monde. D’un côté il y a une grave crise économique en France, de l’autre des maires qui se posent la question de donner un nom à une place toulousaine.
    Les bras m’en tombent.