Incivilités : et si on essayait, aussi, la médiation ?

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Pour de nombreux toulousains, la nuit toulousaine dérape. A raison.
Bruits, incivilités, saletés, dégâts matériels … la nuit, Toulouse n’offre pas son meilleur visage.
C’est un sujet ancien et difficile. Comment concilier une ville qui veut dormir, se reposer, être tranquille chez soi avec une ville qui veut sortir, profiter des terrasses, et faire « la fête » ?
Il y a la réponse répressive. Elle est absolument nécessaire, mais de toute évidence, elle ne suffit pas.
Il y a quelques jours la police municipale et nationale ont mené une opération de verbalisation sur les bords de Garonne. A grand renfort de communication, la ville de Toulouse a montré qu’elle savait faire preuve de « fermeté ». Message dérisoire, opération de communication inefficace qui ne règle rien.
Il faut tout d’abord être très ferme avec les responsables d’établissement. Ce sont des professionnels qui connaissent la loi. La minorité qui s’affranchie des règles doit être sanctionnée avec force et sans attendre.
Pour autant, il ne faut pas jeter l’anathème sur une profession qui fait, dans une très grande majorité, correctement son travail.
N’oublions pas qu’une grande partie de l’alcool consommé dans les rues toulousaines ne provient pas des bars. Pour preuve, dans les supermarchés du centre-ville, il suffit d’aller constater la longueur des linéaires consacrées à l’alcool à bas prix. Et attardez-vous au caisse, vous constaterez le manque de rigueur sur le contrôle des mineurs … .
Dans de très nombreux cas, la discussion, la concertation, le rapprochement des points de vue permet de trouver des solutions pérennes aux petits conflits de notre quotidien. En supprimant purement et simplement l’Office de la tranquillité et les postes de travail liés aux missions de médiation la droite municipale a commis une grave erreur.
Même erreur dans les transports en commun : l’extension des horaires du métro jusqu’à trois heures du matin ne s’est pas accompagné d’un dispositif de prévention et de médiation adéquat, alors que les personnels, forts de l’expérience concrète qu’ils vivent au quotidien, le réclamaient.
Alors quelles propositions ?
La mairie de Toulouse, en lien avec ses partenaires, devrait porter des politiques de médiation plus ambitieuses, en lien avec le travail effectué par la police municipale et la police nationale.
Commençons par rassembler toutes les fonctions médiations qui existent au sein des différents services de la Ville de Toulouse, de Tisséo, de Toulouse Habitat … pour créer une coordination et une complémentarité efficace, puis se tourner également vers les autres partenaires publics, associatifs de la médiation. Une mission médiation, transversale, serait à mon avis indispensable.
Dans chaque quartier une réunion mensuelle devrait réunir les représentants des riverains, les professionnels et la ville de Toulouse pour évaluer la situation et engager les mesures adéquates.
Valorisons également le travail des associations qui directement ou indirectement concours à la médiation, par une aide financière et technique supplémentaire.
Travaillons également avec les points de vente d’alcool du centre-ville pour établir et faire respecter des règles plus éffiaces.
Enfin la création d’un poste d’adjoint au maire en charge de la nuit et doté de moyens est aujourd’hui indispensable.

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