Une lettre aux associations pour dénoncer les contre-vérités de Jean-Luc Moudenc

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Avec mes collègues du groupe socialiste et radical de la Ville de Toulouse, j’ai fait parvenir un courrier aux associations toulousaines pour rappeler quelques vérités après les informations mensongères et fantaisistes que leur a transmis Jean-Luc Moudenc, maire actuel de Toulouse pour tenter de justifier les baisses importantes de subventions qu’elles connaissent depuis 2014.
Cela fait plus de deux ans et demi que la droite toulousaine nous fait le coup de la banqueroute, au mépris de toute réalité. Aujourd’hui ces mensonges répétés ne trompent plus personne, mais ce n’est pas une raison pour renoncer à les dénoncer.
LETTRE AUX ASSOCIATIONS

« A quoi servent nos impôts locaux ? » s’interroge le magazine municipal « A Toulouse » de septembre. La question mérite en effet d’être posée.

Une chose est sûre : nos impôts ne servent pas à aider le tissu associatif toulousain.
Après une lecture attentive de ce journal tout à la gloire de la municipalité et de son maire, il apparaît que le mot « association » n’est cité que deux fois en 24 pages, dont une fois, en toute dernière page et en trois lignes, pour expliquer que la municipalité a décidé de baisser le montant des subventions aux associations de 25% d’ici 2020.
Une décision qui ne passe toujours pas dans le milieu associatif. D’autant que les critères pour procéder à cette diminution dans le temps (5% la première année pour l’une, 15% pour une autre, 25% d’un seul tenant pour une troisième), sont loin d’être transparents.

Pour justifier cette baisse, le maire de Toulouse s’est fendu d’un courrier pour le moins alambiqué à l’ensemble des associations de la Ville. D’où il ressort que s’il est en train d’étouffer à petit feu la vitalité du monde associatif toulousain, c’est :
– de la faute au gouvernement
– de la faute à la précédente municipalité coupable d’avoir dilapidé l’argent public !
Cela fait plus de deux ans et demi que Monsieur Moudenc nous fait le coup de la banqueroute, au mépris de toute réalité. L’année dernière déjà, en début d’été, les Toulousains avaient reçu quasiment le même courrier, usant des mêmes arguments, pour justifier cette fois la hausse des tarifs municipaux, et particulièrement de la cantine et des CLAE.

Elu d’opposition de 2008 à 2014, député jusqu’en 2014, Jean-Luc Moudenc fait toujours comme s’il n’avait aucune connaissance des finances de la ville. Pourtant, le « budget insincère » évoqué n’existe pas et l’examen du compte administratif, au mois de juin dernier, l’a bien démontré.

Bien loin d’avoir tenté de « cacher » quoi que ce soit, nous avons, lors du précédent mandat, fait le choix de l’investissement. Nous avons utilisé les finances publiques pour améliorer le quotidien des Toulousains et pour construire les grands équipements et services dont Toulouse avait besoin. Nous avons transformé Toulouse en métropole pour qu’elle soit à la hauteur des enjeux des premières métropoles de France.

Nous assumons d’avoir utilisé une partie de l’épargne pour rattraper le retard de Toulouse dans bien des domaines : les écoles (60 millions d’euros pour la rénovation de 170 écoles et la construction de 6 nouvelles), les crèches (plus de 1200 places), la culture, le développement économique et particulièrement les transports. Ainsi, nous avons investi pour sauver Tisséo d’une faillite programmée (1,4 milliards de dette, 32 millions d’euros annuel de déficit en fonctionnement). Nous avons donné à Tisséo la capacité d’affronter l’avenir en équilibrant ses comptes et en engageant une politique de maillage des transports en commun sur l’ensemble du territoire métropolitain.

La comédie que nous joue aujourd’hui la municipalité avec ce énième courrier ne trompe plus personne. La rigueur budgétaire invoquée cache de plus en plus mal des choix idéologiques qui ne font pas de la solidarité une priorité.

D’ailleurs, à aucun moment n’est évoqué dans ce courrier le rôle essentiel que joue le milieu associatif dans la vie des Toulousains, combien il contribue à créer du lien social, à dynamiser les quartiers, à offrir des perspectives à des enfants et à des jeunes qui en sont parfois privés. Aucun hommage n’est rendu à l’engagement des bénévoles qui donnent de leur temps, qui apportent leur bonne volonté, leur travail et leurs idées au service des autres.

Dans le raisonnement de Monsieur Moudenc, seule la logique comptable prévaut. Elle risque à terme de lui coûter cher. En effet, les associations sont des partenaires essentiels des collectivités. Tant pour le vivre ensemble et la solidarité qu’elles portent auprès des habitants, que pour les projets innovants qu’elles développent, en complémentarité des politiques publiques.

Pour ne pas l’avoir compris, le maire de Toulouse se prive d’un moyen d’animation sociale, culturelle, sportive de la ville. Il se prive de forces vives de la population prêtes à s’investir pour une société plus attentive aux autres, plus ouverte, plus tolérante. En ces temps de repli sur soi, de crispations, de rejet de l’autre, l’enjeu est énorme.
Une fois de plus, la majorité municipale est passée à côté.

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