Cent douze ans après son assassinat au Café du Croissant, le 31 juillet 1914, Jaurès parle encore. Plus fort, même, et plus utile. Pas comme une statue qu’on fleurit une fois par an, mais comme une exigence qui nous rattrape chaque fois que la République se met à douter d’elle-même. Aujourd’hui encore Jaurès éclaire notre actualité.
Jaurès n’a jamais séparé la justice sociale de la paix, ni la République de la fraternité. Il s’est battu contre les inégalités de son temps avec cette certitude : une démocratie ne vaut quelque chose que si elle profite à tous, et pas seulement à quelques-uns. Il est mort en portant un message simple et exigeant. Le courage politique, c’est de dire la vérité quand elle dérange, et de tenir bon quand la haine gagne du terrain.
Cet héritage ne dort pas dans un musée. Il sert de repère, dans un pays où l’extrême droite avance élection après élection, où la violence politique devient banale, où trop de citoyens sont persuadés, à tort, que rien ne changera plus pour eux. Jaurès disait qu’on ne mène pas les hommes par la peur, mais par l’espérance. C’est exactement ce qui manque à une bonne partie du débat public. C’est aussi ce qui manque cruellement à la gauche.
Jaurès a été élu à Toulouse, adjoint au maire chargé de l’instruction publique. Il y a enseigné, il y a mené ses premiers combats, il s’est battu avec ses discours et avec ses mots, dans la Dépêche du Midi notamment. Notre ville lui doit une part de ce qu’elle est : sa générosité, son humanisme, sa solidarité. Même quand le choix des urnes l’oriente vers des politiques plus libérales et vers un Toulouse fait pour quelques-uns.
Rappeler Jaurès à Toulouse aujourd’hui, ce n’est pas un exercice de mémoire. C’est dire que la ville où il est devenu un homme politique reste un point d’appui pour celles et ceux qui refusent de laisser le terrain à la résignation, à la droite et à l’extrême droite.
Sa voix nous oblige encore. Et elle nous guide.
