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Un bon débat vaut mieux qu’une polémique inutile


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Le début de polémique sur la gestion différenciée des espaces verts toulousains est-il utile ? Beaucoup de toulousains ne trouvent pas ce débat essentiel. J’en fais partie.

De part et d’autre de bons arguments mais des positions trop tranchées pour une vérité qui doit plus appartenir au bon sens qu’à une vision dogmatique quelle qu’elle soit.
La nouvelle adjointe au maire en charge des espaces verts a certainement parlé trop vite, sans connaître le fond du dossier et sans avoir une vision globale du sujet. Il y a d’ailleurs un paradoxe pour cette nouvelle municipalité de droite qui parle tant de démocratie de ne pas mettre ce sujet en débat et d’imposer sa vision.
D’un autre coté la question du bilan de la gestion différenciée n’est pas une question à évacuer. J’ai toujours fait partie de celles et ceux qui n’étaient pas convaincus par l’ensemble du dispositif bien que j’en reconnaisse d’évidents points positifs.
Entre la boule à zéro et la jungle sauvage, il y a certainement un juste milieu à trouver. Je ne suis pas un spécialiste de la question mais mon amie Régine Lange, ancienne adjointe au maire en charge de l’environnement a publié il y a quelques jours un article sur son Facebook qui mérite d’être lu. Je partage son point du vue.
Vous trouverez ce texte ci-dessous.

Faut pas pousser l’écologie dans les orties !
Les prairies urbaines méritent autre chose que des positions radicales.
Régine Lange – 17 avril 2014

La presse locale se fait actuellement l’écho du projet de revenir sur la gestion différentiée des espaces verts par une tonte systématique de ceux-ci pour supprimer les « herbes folles », ce qui ne manque pas de susciter des réactions de mes anciens collègues Verts. Ce sujet d’importance, à la fois pour notre cadre de vie et l’adaptation au changement climatique, mérite mieux qu’une vision dogmatique d’un côté ou de l’autre.La volonté d’esthétique et de propreté de ces espaces publics de la part des Toulousains est légitime. Par ailleurs, une approche trop systématique et rapide de la biodiversité urbaine et le développement des variétés d’herbes champêtres peut ressembler à du laisser-faire et engendrer des comportements de rejet, et les deux premières années qui ont valu à notre équipe des courriers importants en témoignent. Mais il ne faut pas pour autant prendre le risque de tomber dans la démagogie.Si, la tonte des herbes folles figure bien dans les engagements de campagne de Jean Luc MOUDENC, la préservation de la biodiversité en fait aussi partie. Par ailleurs dans son ouvrage sur les 12 propositions pour Toulouse la volonté de préserver la nature en ville et d’y faciliter la préservation et le développement de la biodiversité y est très clairement argumenté.Le Plan Climat de Toulouse et du Grand Toulouse, co construit avec les citoyens, voté à l’unanimité et dont je sais que la nouvelle équipe municipale valide les objectifs, prévoit dans son axe 6 la préservation des ressources naturelles. Les actions d’administration exemplaire -cahier 2 du Plan Climat- déclinent cet objectif avec, entre autres, la gestion différentiée comme moyen de préserver la biodiversité, de réduire l’ilot de chaleur urbain, de fournir des espaces de promenade et de loisirs de qualité et un contact avec la nature, précieux en milieu urbain.La gestion différentiée des espaces verts repose sur un classement des espaces verts en fonction de leur usage, ensuite les modalités de plantation, de gestion et de traitement sont adaptées selon cette typologie.Il faut aussi prendre en compte l’aspect économique de ce dispositif de gestion des espaces verts qui permet de réduire sensiblement les interventions des agents, la consommation de carburant, et de produits chimiques, donc les coûts.Dans tous les cas, la ville aura aussi à se conformer aux objectifs zéro-Phyto utilisés d’ici à 2020.Peut être est-il possible de reprendre et ré étudier ces critères d’usage et la typologie des espaces verts afin de préserver ceux qui, comme certaines berges, les sous bois, certains espaces non utilisés par les enfants puissent rester naturels ceux qui leur confère outre une capacité de réservoir de biodiversité, une beauté exceptionnelle, tout en repensant, pour des espaces comme les ronds-points, certaines bordures urbaines ou certains espaces fréquentés par les familles pour les activités de loisirs un programme de gestion plus « progressif » qui permet le nettoyage et ne compromet pas la sécurité des enfants (présence d’espèces invasives) ou des automobilistes (absence de visibilité sur certaines voies ou carrefours).Je pense que la nouvelle équipe municipale devrait reconsidérer la position tranchée sur de la gestion des espaces verts qui en plus ne manquera pas de mettre en difficulté les nouveaux élus en charge du Développement Durable et de l’Environnement.Les enjeux du changement climatique ne font plus débat, les solutions pour s’y adapter sont engagées, et pour qu’elles réussissent l’écologie ne doit pas être perçue comme punitive ou radicale, mais au contraire être expliquée, argumentée, concertée et surtout portée politiquement dans la continuité et en cohérence dans toutes les politiques municipales.

 

 

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